Définition de la dépendance

DEFINITION DE LA DEPENDANCE

En 1975, l'Organisation Mondiale de la Santé définit la dépendance comme :

« Un état psychique et parfois physique, résultant de l'interaction entre un organisme vivant et un produit, caractérisé par des réponses comportementales ou autres qui comportent toujours une compulsion à prendre le produit de façon régulière ou périodique pour ressentir ses effets psychiques et parfois éviter l'inconfort de son absence (sevrage). La tolérance peut être présente ou non. »


 

Support neurobiologique de la dépendance :
Le circuit de la récompense

Le système limbique a pour rôle d’associer une sensation de plaisir à des comportements essentiels à la survie de l’espèce, par l’intermédiaire d’un neurotransmetteur: la DOPAMINE.
Les drogues entraînent une forte augmentation de la Dopamine au niveau du système limbique.
Elles induisent une récompense fictive.

 Support neurobiologique de la dépendance : le découplage

Le découplage entre la Sérotonine et la Noradrénaline serait la cause première de la dépendance.

 

EN SAVOIR PLUS...

DEPENDANCE A UNE SUBSTANCE (DSM IV)

Elle est définie comme le mode d’utilisation inadapté d’une substance conduisant à une altération du fonctionnement ou à une souffrance cliniquement significative et caractérisée par la présence de 3 ou plus des manifestations suivantes :


1.    Une tolérance définie par l’un des symptômes suivants:
◦    Besoin de quantités plus fortes de la substance pour obtenir l’effet désiré.
◦   Effet notablement diminué en cas d’utilisation continue d’une même quantité de la substance.

2.    Un sevrage caractérisé par l’une des manifestations suivantes:

◦ Syndrome de sevrage caractéristique de la substance.

◦ La substance est prise pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage.

3.    La substance est souvent prise en quantité plus importante ou pendant une période plus longue que prévu.

4.    Il y a un désir persistant, ou des efforts infructueux, pour diminuer ou contrôler l’utilisation de la substance.

5.    Un temps important est consacré à des activités nécessaires pour obtenir la substance, à utiliser le produit ou à récupérer de ses effets.

6.    Des activités sociales, professionnelles ou de loisirs importantes sont abandonnées ou réduites à cause de l’utilisation de la substance.

7.    L’utilisation de la substance se poursuit alors que la personne sait qu’elle souffre d’un problème psychologique ou physique persistant ou récurrent, susceptible d’avoir été causé ou exacerbé par la substance.

On distingue généralement la dépendance psychique et la dépendance physique :


◦ La dépendance physique: signe de tolérance ou de sevrage en cas d’arrêt de la consommation.
◦ La dépendance psychique se caractérise par le désir irrépressible de renouveler la prise de produit sans qu’apparaisse un sevrage en cas de cessation de prise.

 

LA RÉDUCTION DES RISQUES

En addictologie, le concept de réduction des risques (RDR) s’est développé dans le champ de la toxicomanie, avec l’émergence du VIH, dans les années 1980. La RDR poursuivait d'abord le but de réduire le nombre de contaminations et accidents liés aux pratiques d'injection intra-veineuse, puis s'étendit progressivement aux dangers entraînés par la prise de substances psycho-actives.

Avec le décloisonnement de l’approche addictologique, la RDR, concept renvoyant initialement aux programmes d’échange de seringues et aux traitements de substitution, s’est étendue à tous les comportements pouvant conduire à une dépendance.

La réduction des risques s’adresse aux personnes qui, du fait de leur addiction[1], peuvent avoir des comportements à risques. Ces risques sont liés aux produits eux-mêmes, aux modes d’usage, aux circonstances de consommations.

Réduction des risques : prévenir les risques et réduire les dommages ou méfaits causés par le comportement à risque.

« Pour la « réduction des risques », l’objectif est en priorité de prévenir les dommages occasionnés par les consommations de substances psychoactives. Il ne s’agit pas de s’attaquer à ce qui motive la consommation, mais d’en maitriser autant que faire se peut, les effets nuisibles. Il ne s’agit pas de stopper l’addiction mais d’éviter les complications, et de le faire en impliquant l’usager lui-même »[2]

La RdR a pour but de permettre à l’usager de vivre avec ses pratiques addictives (avec ou sans réduction de celles-ci) en subissant le minimum d’atteintes physiques, psychiques et sociales.

Trois groupes de facteurs de risque sont à prendre en compte :
Le contexte de vie
Les modalités de consommation et pratiques : quantité, rythme, types de produits et consommations associées y compris médicamenteuses, durée d’exposition (nombre d’années de consommation ou pratiques),
Les facteurs de vulnérabilité individuelle (somatiques, psychologiques, sociaux…..)



[1] Addiction entendue comme toute pratique pouvant conduire à une dépendance, incluant tous les types de pratiques avec ou sans dépendance.

[2]« Les conduites addictives. Comprendre, prévenir, soigner ». Alain Morel, Jean-Pierre Couteron. Editions Dunod, 2008. Page 228