Les stupéfiants

La réglementation française classe les substances vénéneuses selon l’article L.5132 du CODE DE LA SANTE PUBLIQUE en 4 catégories en fonction de leur toxicité et de leur dangerosité :
LES SUBSTANCES STUPEFIANTES (morphine, cocaïne, héroïne,     cannabis, etc.)
LES SUBSTANCES PSYCHOTROPES (médicaments, antidépresseurs, tranquillisants, hypnotiques etc.)
LES MEDICAMENTS inscrits sur des listes 1 et 2
LES SUBSTANCES DANGEREUSES (éther, acides, etc.)

Ce classement reprend pour une large part, les règles du classement international fixées par les 3 conventions internationales de 1961, 1971, et 1988 sur le contrôle des drogues, règles qui définissent 4 listes de I (les plus dangereuses) à IV (les moins dangereuses)

1. LES STUPEFIANTS

sont les produits les plus toxiques. La production, la distribution, et l’usage de ces stupéfiants sont sévèrement  réglementés et pour certains d’entre eux, surtout l’héroïne, totalement interdits

Il y a sur la liste des stupéfiants plus de 170 plantes et substances dont:
•    Les stupéfiants de la convention de 1961 : coca, opium, cannabis, et leurs dérivés (morphine, héroïne, méthadone, cocaïne, résine de cannabis).
•    Certains psychotropes de la convention de 1971: hallucinogènes, amphétamines, MDMA (ecstasy).
•    Les champignons hallucinogènes, le khat, deux précurseurs chimiques : le phénylacétone et l’acide lysergique(LSD).
•    Les nouvelles drogues de synthèse : kétamine, MBDB, 4MTA, etc.

LA COCAINE ET SON DERIVE LE CRACK

Une des substances les plus addictives, surtout sous forme de crack, avec une dépendance physique faible ou nulle mais une dépendance psychique majeure.
Les produits et leur consommation
Ce sont des psychostimulants extraits d’une plante cultivée en Amérique du Sud : le cocaïer.
les feuilles, directement mâchées (consommation locale sur les zones de production), permettent de continuer à travailler dans des conditions difficiles.
la pâte, extraite des feuilles par une base forte comme la chaux, est fumée dans des feuilles de papier journal, sur place.
le chlorhydrate de cocaïne (la cocaïne) se présente sous la forme d’une fine poudre blanche, est le plus souvent sniffée, mais peut être aussi injectée ou fumée.
le crack ou cocaïne base ou free base, est un dérivé de la cocaïne, par adjonction de bicarbonate de soude ou d’ammoniac, qui se présente sous la forme de petits cailloux bruns. Il est souvent fumé dans des pipes à eau mélangé à du cannabis. On l’appelle crack car il crépite quand on le chauffe.

Mode d’action  et manifestations cliniques de la cocaïne et du crack

Ils sont très bien absorbés par toutes les voies : nasale, orale, pulmonaire ou parentérale, et diffusés largement dans tout l’organisme, et éliminés par les urines.
Les effets sont identiques pour le crack et la cocaïne, mais toujours plus marqués pour le crack.

La phase initiale
Ils entraînent une sensation immédiate et violente de plaisir intense, le « flash » ou le « rush », « défonce », « effet high » : très brève, suivie d’une phase d’excitation physique et psychique (quelques minutes à plusieurs heures) :
Sensation de bien-être, confiance, élation, idées de grandeur, hypervigilance, de diminution de la fatigue et d’augmentation de la force musculaire. Exagération des perceptions (les sons paraissent plus forts, les couleurs plus violentes), sans hallucinations.

En cas de dose forte ou subtoxique

agitation extrême, impatience, langage précipité (effet speed)
comportements violents (IV, crack)
hyperactivité de type maniaque.
hypervigilance, insomnie
appétence sexuelle importante
idées paranoïaques (sentiment de persécution, mégalomanie..) avec angoisse
illusions sensorielles multiples et hallucinations olfactives, tactiles …
  

Phase d’atterrissage

Le crash, la descente signe la fin d’activité de la cocaïne :
Anxiété, faim, quête de drogue, asthénie, humeur dépressive, hypersomnie, retentissement psychomoteur, léthargie, sentiment d’impuissance.
En cas de dose forte :
Anxiété extrême avec agitation, dépression intense voire mélancolie
Compulsion à la répétition des prises de cocaïne.

L’usage chronique entraîne des troubles de la mémoire, de l’humeur, de l’affectivité, un état dépressif, voire de véritables psychoses paranoïdes.

La toxicité somatique de la cocaïne et du crack :
cardiaque, pulmonaire (OAP, insuffisance respiratoire, pneumothorax…)
ORL : perforation de la cloison nasale, nécrose du pharynx, des sinus…
cutanés : nécroses aux points d’injection …
système nerveux (hémorragie méningée, convulsions)
atteinte hépatique et rénale.

Modalités de consommation

En « sniff » ou en injection ;
En usage occasionnel, récréatif dans les milieux socio-économiques aisés, tend à se répandre dans toutes les couches de la population, souvent en association avec l’alcool ;
Usage dans les milieux toxicomanes et dans les populations marginalisées, en association avec d’autres drogues : alcool, héroïne.

Les dommages sociaux induits

Vols, trafic, violence et prostitution
MST fréquentes

 

 

LES AMPHETAMINES ET DERIVES

Les produits et leur consommation

Amphétamines, Métamphétamine, MDMA (méthylène dioxyméthamphétamine) ou ecstasy, STP (sécurité, tranquillité, paix) toxique +++
Consommés pratiquement toujours par voie orale, ils se présentent sous forme de petits comprimés de couleur sur lesquels sont dessinés de petits sigles. Consommés au départ surtout dans les raves partys. Parfois utilisés en IV, pilés en milieu aqueux, les effets sont plus violents.

 

Manifestations cliniques

Sensation de flash, majorée par la voie IV, puis facilitation des contacts, empathie, modification agréable des émotions, hallucinations, tachycardie, hypertonie musculaire, hypersudation, ataxie, tremblements.
Les accidents aigus sont fréquents :
Complications psychiatriques, même après une seule prise avec psychose hallucinatoire chronique.
Complications cardiaques, les décès par overdose sont toujours d’origine cardiaque.

L’HEROINE  ET LES OPIACES

Substance addictive très puissante : risque de dépendance majeur survenant rapidement.

Les produits et leurs effets

L'héroïne est un opiacé puissant, obtenu par synthèse à partir de morphine.
Les opiacés sont des substances naturelles extraites d’une plante, le pavot, qui sert également à la fabrication de l’opium. La morphine est le médicament le plus actif contre la douleur. Il arrive que ce médicament soit détourné, avec les mêmes dangers que ceux de l’héroïne.
L'héroïne se présente sous la forme d'une poudre ou de granulés à écraser. Longtemps injecté par voie intraveineuse (le « fix ») après dilution et chauffage, l'héroïne peut être aussi sniffée ou fumée, mélangée à du tabac ou du cannabis dans une pipe à eau ou sous forme de cigarette.
L'effet immédiat de l'héroïne est de type "orgasmique". C'est le "flash". Il est suivi d'une sensation d'euphorie puis de somnolence, apathie, ralentissement psycho-moteur, accompagnée parfois de nausées, de vertiges, et d'un ralentissement du rythme cardiaque, puis angoisse. L’effet commence 5 min après l’injection et dure 4 à 6 heures.
L’usage chronique entraîne un syndrome déficitaire, amotivationnel avec trouble de la mémoire, indifférence psychomotrice et affective, baisse de l’efficience intellectuelle, un syndrome dépressif.

Les conséquences médico psycho sociales de l’héroïne

La dépendance à l'héroïne entraîne des risques sociaux importants. Elle enclenche un processus de marginalisation chez certains usagers.
72 % n’ont pas d’activité professionnelle. La pauvreté et les situations précaires sont fréquentes.
La surdose ou overdose de l'héroïne peut provoquer une insuffisance respiratoire entraînant une perte de connaissance et éventuellement la mort.
L'injection entraîne des risques d'infection (notamment par les virus du sida et des hépatites B et C) si l'usager ne se sert pas d'un matériel d'injection stérile, à usage unique.
La mortalité
La mortalité des toxicomanes n’est pas réellement connue.
Les principales causes de mortalité sont :
Les décès par SIDA
Les surdoses
Les suicides et les autres morts violentes
Les infections hors SIDA et la pathologie hépatique

 

LE CANNABIS

Le produit et ses modes de consommation

Le cannabis ou chanvre indien est une plante : Cannabis Sativa L, dont l’activité psychotrope est induite par le THC : tétra hydro cannabinoïde.
 A partir de cette plante sont préparés :
L’herbe ou marijuana, ganja, beuh : feuilles, tiges et sommités fleuries séchées. Ces préparations sont fumées pures ou mélangées à du tabac (joint, pétard). La teneur en THC varie.
L’huile de cannabis : préparation liquide obtenue à partir de cannabis, très concentrée en THC, consommée généralement au moyen d’une pipe.
La résine (haschisch, hasch, shit, chichon, etc.).

Elle est obtenue à partir des sommités fleuries de la plante. Une fois séparée de la plante, la résine est chauffée puis pressée en plaques, distribuées sous forme de barettes ou de boulettes de couleur verte, brune ou jaune selon les régions de production et se fume généralement mélangée à du tabac : "le joint".
Le plus souvent, le haschich peut être coupé avec des substances plus ou moins toxiques : du henné, du cirage, de l’huile de vidange, de la paraffine mais aussi du sable, de la farine, de la silice ou des microbilles de verre.
En occident le haschisch est fumé ou inhalé, en orient, il est ingéré sous forme de pâtisseries (space-cake).

Manifestations psychiques

Usage occasionnel : ivresse cannabique avec :
o    Euphorie, déshinibition
o    Hyperesthésie sensorielle (vision, ouïe, odorat, goût, schéma corporel), sensation de ralentissement du temps et de modification de l’espace.
o    Des troubles de la vigilance, troubles mnésiques, perturbations de la libido, troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements.
o    Troubles thymiques et dissociatifs : euphorie, dysphorie, agressivité, dépersonnalisation, hallucinations, bouffée délirante aiguë.
o    L’évolution et brève et la régression sans séquelles. Parfois il y a une décompensation psychotique (syndrome délirant à thème de persécution).

Usage fréquent et prolongé

Perturbation de la mémoire immédiate, attaque de panique (crise d’angoisse aigue), syndrome amotivationnel (désinvestissement des activités quotidiennes avec déficit mnésique, émoussement affectif et intellectuel)
Psychose cannabique, avec différentes formes : idées délirantes de persécution, troubles de l’humeur, syndrome schizophréniforme, trouble psychotique chronique avec le cannabis comme facteur favorisant.

Manifestations somatiques

La toxicité aiguë est faible : troubles du transit, crampes gastriques, ballonnements, effets allergiques, asthme découlent des substances de coupe du cannabis.
La toxicité chronique avec des risques pulmonaires et cardiovasculaires.
Altération de la spermatogénèse.
Pouvoir cancérogène.

L’ECSTAZY

L'ecstasy ou MDMA (pour 3,4-méthylène-dioxy-méthylamphétamine) est une amphétamine. C'est un stimulant du système nerveux central qui possède des caractéristiques psychédéliques.
 
Comprimés d'ecstasy

On trouve la MDMA sous forme de cristaux, sa pureté dépend de la volonté et du savoir faire du chimiste, la couleur des cristaux peut varier du blanc au brun en passant par le rose. L'ecstasy se présente le plus souvent sous forme d'un comprimé de couleur, de forme et de taille variables, souvent orné d'un motif. On le trouve aussi en gélule. Il est courant que le nom du motif serve à nommer l'ecstasy.
 

MDMA en crystal
Effets et conséquences
Les effets apparaissent entre une demi-heure et une heure et demie après l'ingestion et se poursuivent jusqu’à 6 heures pour se terminer par une phase d'épuisement et de dépression - « descente » - d'environ 8 heures mais qui peuvent se poursuivre sur plusieurs semaines.
La MDMA traverse la barrière placentaire.
Contrairement à la croyance populaire, l'ecstasy n'a pas d'effet aphrodisiaque. Il peut augmenter la sensation de désir pour quelqu'un mais n'augmente pas les performances sexuelles, il se peut aussi que l'ecstasy rende difficile l'érection ainsi que l'éjaculation.

Effets recherchés
•    désinhibition ;
•    sensations d'énergie et de forme (plus de performances physiques);
•    coupe-faim ;
•    sensations de bien-être, d'euphorie et d'intense bonheur1 ;
•    sensation d'empathie11 d'où sa qualification d'empathogène ou d'entactogène ;
•    exacerbation des sens (notamment tactile et sensibilité à la musique);
•    sensations de stimulation et de relaxation simultanées.
On l'appelle aussi "pilule d'amour", car elle donne le sentiment d'amour universel et de paix intérieure.
Effets à court terme
•    Augmentation de la tension artérielle ;
•    accélération (tachycardie) voire troubles du rythme cardiaque (arythmie) ;
•    contraction des mâchoires (trismus) ;
•    dilatation des pupilles (mydriase) ;
•    hyperthermie (bouche sèche ou "pâteuse", peau moite  voire déshydratation11.
•    crampes musculaires
•    Sédation, légère anesthésie
•    Sensation de force décuplée
•    Peut provoquer des hallucinations
•    Vomissement
Effets à moyen terme
Trois à quatre jours après la prise, on constate souvent un état d'angoisse, de dépression et de grande fatigue qui serait dû au « manque » de sérotonine.
La MDMA peut déclencher une crise d'épilepsie,  elle est donc contre-indiquée aux personnes qui en souffrent.

Effets à long terme
En cas d'usage régulier : amaigrissement, affaiblissement, irritabilité, insomnie, anxiété, dépendance  voire troubles de la personnalité.
Il peut aussi être toxique pour le foie11, allant parfois jusqu’à la cirrhose6. Il peut provoquer des anomalies des valves cardiaques.
Il existe un effet retour ou flash back récurrent qui peut replacer l'utilisateur dans l'état généré par la consommation de la substance psychotrope sans en consommer, et ce plusieurs mois après la dernière prise6.
Plusieurs cas de « syndrome post-hallucinatoire persistant » ont été recensés, à savoir angoisses, phobies, état confusionnel, dépression voire bouffées délirantes aiguës.
Décès imputés à la consommation d'ecstasy
Les cas de décès imputés à l'ecstasy sont dus à :
•    un coup de chaleur et une déshydratation ;
•    une hémorragie interne (par toxicité vasculaire : vascularite) même avec un seul comprimé
•    un dosage trop élevé (overdose) ;
•    un mélange avec d'autres substances aggravantes (problèmes d'hypertension en mélangeant ecstasy et IMAO ; overdose en mélangeant ecstasy et amphétamines, troubles cardiaques en mélangeant ecstasy et boissons stimulantes, tabac, Viagra, amphétamines...) ;
•    un état de santé incompatible avec la prise d'ecstasy (antécédent de problèmes cardiaques, hypertension, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, diabète) ;
•    une hyponatrémie (l'utilisateur panique à l'idée d'être en hyperthermie et absorbe de l'eau au point d'en décéder).
La consommation d'ecstasy est particulièrement dangereuse en cas de troubles du rythme cardiaque, d'asthme, d'épilepsie, de diabète, de problèmes rénaux et d'asthénie.

LA KETAMINE*

Difficile de classer ou de comparer à une autre drogue, ce produit complexe et paradoxal appelé : psychodysleptique. Selon le dosage, des médecins prétendent y discerner des effets :
anesthésiants, physiques et émotionnels pouvant ressembler aux morphiniques ;
hypnotiques et narcotiques des barbituriques ;
délirants pouvant rappeler les fortes doses de cannabis ingéré.

Des psychologues parlent de fusion, d'hallucinations ou autres "traversées du miroir", de quatrième dimension, de psychiatrie quantique… Les plus allumés parlent d'infra-conscience sub-moléculaire… Pour essayer de comprendre, imaginons les effets sur quelqu'un qui en consomme exceptionnellement.
15-30 mg modifieront le rapport à l'espace, à l'environnement mais la conscience de celui-ci demeure. On se sent mou, en dehors de la gravité ordinaire. Les gestes sont ralentis, décomposés: "impression d'un corps d'huile qui se coule, s'étire, se distend dans l'espace, le temps". Mais rien de psychédélique. L'effet relève de la sensation et de la perception. Esprit, conscience et corps sont plus ou moins "dissociés" mais on peut tenir debout. La coordination des mouvements est difficile. Vu de l'extérieur, on paraît très engourdi ou dans un état d'ébriété, mais la capacité de jugement est peu altérée.

On peut vaguement danser, se mouvoir, tituber…mais ni réagir ni se défendre en cas de nécessité.
30-70mg provoqueront une forme de coma lucide. Impossible de rester debout, de bouger, de parler, de réagir… Dissociation totale entre l'esprit et le corps. La conscience demeure, mais détachée… Impression de flotter en dehors de son corps, de "lâcher prise", de perte de contrôle du mental, "sentiment de conscience pure" due à la disparition totale de la perception physique du corps. Le temps s'étire et n'a plus de sens. Parfois surviennent hallucinations, visions et autres explorations d'états de conscience insoupçonnés avec cette "lucidité kétaminergique".
100 à 150 mg, voire plus, entraîneront des états de conscience pouvant être d'une intensité extrême: impression de sortir du corps, désincarnation, rencontre avec des "entités", révélations incroyables… et plongée dans le vortex quantique du fameux K-hole, apparentée aux NDE (1), qui entraîne parfois des modifications profondes de la personnalité pouvant déboucher sur une rupture totale avec le réel.

Tolérance / Dépendance

La kétamine n'accroche pas physiquement comme l'héroïne ou les opiacés. Il n'y a pas de manque physique même après une longue période de consommation. Mais l'usage répété peut entraîner une espèce de quête éperdue d'un état originel impossible à retrouver. Un désir impérieux de recommencer encore et encore, attisé par la nostalgie de l'intensité des premiers trips. Approcher ce "mystère" qui chaque fois s'éloigne un peu plus.
Chez les plus fragiles, la kétamine devient un mode de vie avec toute l'aliénation que représente la dépendance, fut-elle qualifiée de psychologique.
La tolérance se manifeste très vite. Au bout de quelques sniffs, les quantités supportées peuvent être multipliées. Peu à peu, durée et intensité des effets diminuent.
Les quantités consommées peuvent atteindre facilement plusieurs grammes par jour, voire plus.  La kétamine peut tout anesthésier pendant quelques temps : ennui, médiocrité, …. ainsi que les douleurs et froids extrêmes.

Conséquences

Très variables selon le temps passé, les quantités consommées et le mode de vie.
Problèmes physiques: cystites, problèmes rénaux, amaigrissement, perte d'appétit, gingivites, douleurs articulaires, musculaires, déshydratation, problèmes digestifs, ulcères…
Problèmes neuropsychologiques : l'abus finit par entraîner une nette diminution des facultés de concentration, d'apprentissage, de la vigilance et surtout de la mémoire ainsi que des problèmes d'élocution. Démotivation généralisée, état dépressif grave, black-out, troubles du sommeil, sentiment "d'irréalité"... La plupart des problèmes disparaissent à l'arrêt de la consommation mais d'autres, comme les flashbacks peuvent nécessiter un suivi, voire des soins…
Kétaproblèmes: Un comportement récurent chez les usagers ; ils perdent tout : papiers, argent, clefs, drogues…tête…. avec les conséquences fâcheuses qu'on imagine. D'autre part, l'anesthésie et l'impossibilité totale de réagir expose à toutes sortes d'accidents et de problèmes (se faire dépouiller, se blesser, se brûler gravement, geler… et ne pas s'en rendre compte… ).
*Source : ASUD

LE GHB*

Le Gamma OH (GHB, appellation anglo-saxonne) ou acide gamma-hydroxybutirique, qualifié de « rêve de biologiste » fut découvert en 1961, par le professeur Laborit. Utilisé au départ comme adjuvant en anesthésie générale, c’est une copie conforme d’une substance présente à l’état naturel dans le cerveau : l’acide GABA.

Le GHB, calmant et hypnotique puissant, agit sur le système nerveux central, ce qui permit d’étendre son utilisation au traitement de la narcolepsie de certains troubles du sommeil et de l’alcoolisme.
Il fut aussi expérimenté dans le cadre de psychothérapies pour son action relaxante et desinhibante. On lui attribue également des propriétés aphrodisiaques.
En France, actuellement, il n’est plus réservé qu’à l’usage hospitalier et vétérinaire.
Le GHB se présente sous deux formes : une poudre floconneuse très légère et d’une grande solubilité ou en liquide incolore légèrement salé. Il est difficile de savoir quel est le dosage précis de la substance vendue sur le marché noir, dans le monde international de la fête. Abus et mélanges divers ont entraîné des incidents et même des morts.

Au milieu des années 90, la prescription du GHB fut sévèrement réglementée mais son usage se propagea rapidement dans les pays anglo-saxons.
Associé à de l’alcool, le GHB accroît l’ébriété et provoque un coma profond avec amnésie. Il y eut ainsi quelques cas de viols aux Etats-Unis. La presse à sensation s’empara du sujet et contribua à créer une phobie de la Rape Date Drug (la drogue du rendez-vous du viol).
Un sentiment d’empathie intense
Deux grammes suffisent à provoquer en 15 minutes un sentiment d’empathie intense, proche d’une montée d’ecstasy, qui dure entre une et deux heures.
La communication est grandement facilitée. Si le contexte s’y prête, le GHB peut contribuer à créer une ambiance de forte sensualité. Il peut augmenter les capacités érectiles chez l’homme, amplifier les sensations chez les femmes et intensifier l’orgasme. Mais, au-delà des 4 ou 5 g. le GHB provoquera une somnolence puis un profond sommeil de plusieurs heures avec une intense relaxation musculaire. Mais en cas de résistance à l’endormissement ou de tension nerveuse, le produit peut agir de façon paradoxale, comme un excitant et un euphorisant puissant. Une dose supérieure à 5 g. peut provoquer une perte de conscience et parfois une dépression respiratoire ainsi que des crises d’épilepsie. Un usage quotidien et répété peut entraîner une déprime à l’arrêt ainsi que des problèmes de mémoire réversibles.

Danger et accidents potentiels

L’association avec l’alcool et autres dépresseurs, tels que les opiacés et les benzodiazépines est absolument déconseillée. Le mélange est dangereux. A propos de mélanges, signalons que le café agit comme un antagoniste du GHB ; c’est-à-dire qu’il en annule les effets.
Le GHB n’est pas très commun dans les fêtes françaises mais la publicité faite autour du produit a créé un intérêt certain pour le Liquid E (5) et, parfois, une poudre quelconque est vendue comme tel.


*Source : www.asud.org/

2. LES PSYCHOTROPES

Les psychotropes correspondent aux substances de la convention de 1971 non classées stupéfiants : benzodiazépine, barbituriques etc.

(LES MEDICAMENTS inscrits sur les listes I et II sont définis par l’article L.5132-6 du code de la santé publique. Ce sont des médicaments délivrables uniquement sur ordonnance et dont l’ordonnance est non renouvelable (liste 1) ou renouvelable (liste 2)).

 

Ainsi, les hypnotiques, anxiolytiques, neuroleptiques et antidépresseurs sont des médicaments psychotropes c’est-à-dire qu’ils ont une action sur le système nerveux central.

Prescrits par un médecin, après diagnostic, ces médicaments permettent d’atténuer ou de faire disparaître anxiété, troubles du sommeil, dépression…

 

Mais les psychotropes font aussi l’objet d’automédication. Dans les deux cas, leur prise prolongée peut évoluer vers une pratique toxicomaniaque, détournée de son usage thérapeutique.

 

LES BENZODIAZEPINES

Les produits et leurs effets

Ce sont les médicaments les plus prescrits dans les pays occidentaux : Hypnovel Halcion Temesta Lexomil Myolastan Rohypnol Tranxène Valium Rivotril… Ils ont des effets sur le Système Nerveux Central.
Anxiolytiques, pour ceux qui ont une demi -vie intermédiaire et longue.
Hypnotique : pour ceux qui ont une demi vie courte et intermédiaire
Anticonvulsivante pour le Valium et le Rivotril
Myorelaxante : Myolastan, Valium
Amnésiante : Rohypnol, Tranxène, Temesta

Les problèmes rencontrés avec les BZD

Intoxication aigue : ils sont la première cause d’intoxication aigue en France, avec un très bon pronostic si pris isolément. Ils provoquent un coma calme.
Pharmacodépendance, avec parfois syndrome de sevrage violent
La soumission chimique : boisson avec BZD ingérée à l’insu de la victime, surtout le Rohypnol, qui entraîne une amnésie antérograde associée à la conservation d’une activité semi-automatique plus ou moins coordonnée.