Les troubles du comportement alimentaire

 

puceLES ADDICTIONS ALIMENTAIRES (boulimie / anorexie) *

Le champ addictif des troubles des conduites alimentaires (TCA) comprend, l’anorexie, la boulimie, et, identifiées plus récemment, ses formes atténuées appelées compulsions alimentaires isolées (ou Binge).

 

  • La crise boulimique est l’ingestion en un temps court d’une grande quantité d’aliments, sans faim, ni plaisir, avec un violent sentiment de perte de contrôle. La crise est suivie de vomissements provoqués. La boulimie « maladie » associe au moins deux de ces crises par semaine et des stratégies de contrôle du poids (saut de repas, jeûne, hyperactivité physique, laxatifs) ;

 

  • La compulsion alimentaire est l’ingestion en un temps assez court d’une certaine quantité d’aliments, sans faim, mais avec un certain plaisir, avec un certain sentiment de perte de contrôle. Il n’y a ici ni vomissements provoqués ni de stratégies de contrôle du poids ;

 

  • L’anorexie mentale est un besoin irrépressible de maigrir, alors que le poids actuel est normal ou même bas. Elle s’associe toujours à une restriction alimentaire et souvent à une hyperactivité physique. Le peu d’estime du malade pour lui-même est mis dans le régime et la maigreur.

 

Dans le cas de la boulimie, l’ensemble des effets psychosomatiques et les aspects comportementaux répondent tout à fait aux caractéristiques d’une addiction vraie : besoin croissant de faire la crise, impossibilité d’y échapper, perte de contrôle, excitation croissante, assouvissement et phase de culpabilité et d’épuisement, instabilité de l’humeur, anxiété et état dépressif.

 

Dans le cas des compulsions alimentaires, beaucoup de ces aspects sont retrouvés, mais à un moindre degré.

 

Dans le cas de l’anorexie mentale, il y a 2 tableaux différents :

 

  1. L’anorexie-boulimie, où la restriction alimentaire est associée à des crises de vomissements ou de boulimie. Le tableau est alors celui d’une addiction.
  2. Dans la forme restrictive pure de l’anorexie mentale, les choses sont plus complexes : la dépendance se fait au manque de nourriture (à la privation) et à l’hyperinvestissement physique ou professionnel, et en particulier l’hyperactivité physique, notamment postprandiale. On retrouve dans les TCA différents traits qui évoquent une dépendance :

·       La sensation de puissance alimentée par le jeûne ou l’hyperactivité physique (anorexie, boulimie),

·        Un besoin de les poursuivre ou d’y retourner que ne peuvent entraver ni les « bonnes résolutions » ni les conseils de l’entourage (tous les TCA),

·        Une tendance croissante à la déconnexion d’avec la réalité (tous TCA),

·        Un malaise physique mesurable à la reprise de l’alimentation (anorexie),

·        Une sensation d’épuisement ou un état dépressif à l’abandon des crises, du jeûne et de l’hyperactivité,

·        Le refus d’abandonner l’anorexie, qui conduit à la dissimulation et à la banalisation,

·        Le désert social, affectif et sentimental où la maladie plonge les malades au bout d’un certain temps.

 

Conclusion

Il ne fait aucun doute qu’il existe des liens entre TCA et conduites addictives.

L’association TCA - conduites addictives classiques (alcool, drogues) est avérée : il y a plus de TCA (atypiques surtout) chez les patients addictifs et plus de conduites addictives chez les patients TCA.

On retrouve un contexte familial et génétique semblable pour les deux.

Les TCA, dans leur mise en place que dans les pensées et l'humeur qu’ils génèrent, s’apparentent clairement à des conduites addictives.

 

*Source : http://www.anorexie-et-boulimie.fr/articles-347-troubles-du-comportement-alimentaire-et-conduites-addictives.htm

 

 

 

 

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