Le tabac

L’histoire du tabac

Dans l’antiquité, le tabac était inconnu en Europe. Pourtant, les hommes brûlaient diverses herbes dont ils utilisaient la fumée pour soigner ou pour prier. On a même retrouvé à Pompéi des fresques prouvant l’usage de pipes. En Amérique, les Indiens connaissaient le tabac, qu’ils considéraient comme une plante précieuse. Ils l’utilisaient lors de rituels pour la purification des adultes et pour entrer en communication avec le «Grand Esprit». Le tabac était aussi utilisé comme plante médicinale.
En 1492, Christophe Colomb découvre l’Amérique et s’aperçoit que les Indiens fument une plante nommée petum sous forme d’un tube de feuilles roulées. Ils utilisent de longues pipes ou chiquent les feuilles de tabac. Christophe Colomb raconte que les Indiens brûlent une plante avec de petits morceaux de charbon et en aspirent la fumée odorante ; d'autres utilisent des bâtons creux remplis de feuilles hachées ; d'autres encore fument des calumets, chiquent ou respirent une sorte de poudre.
En 1527, Bartolomé de Las Casas raconte qu’ « après avoir allumé le bout de ces chalumeaux qu'ils appellent tabacos ou petums, les indigènes aspirent à l'autre extrémité par la bouche, ce qui provoque de la stupeur, une sorte d'intoxication et, selon eux, enlève la fatigue ».
En 1493, le missionnaire espagnol Fray Romano Pane accompagne Christophe Colomb dans son deuxième voyage au Nouveau Monde, pour y convertir les habitants au christianisme. Il envoie du tabac à Charles Quint. L'Espagne choisit alors Cuba pour y faire pousser son tabac. Plus tard, quand le bateau accoste sur les côtes portugaises, l'équipage a pris l'habitude de consommer du tabac, dont il vante les mérites.
Les premières graines de tabac furent rapportées en Europe en 1520. Au Portugal, quelques années plus tard, le tabac était cultivé et utilisé comme une plante médicinale. Jean Nicot était à cette époque ambassadeur de France au Portugal. Il envoya en 1561 des feuilles de tabac râpées à Catherine de Médicis, reine de France. Le tabac fut décrit à la reine comme une plante qui pouvait soulager ses terribles migraines. Elle donna l’ordre d’en cultiver en Bretagne, en Gascogne et en Alsace. On l’appela alors « l’herbe à la Reine » ou encore « la Catherinaire ». La reine utilisait le tabac sous forme de « prises ».

Cette herbe devint très populaire et toute la Cour se mit à l’utiliser. Certains s’opposèrent au tabac car ils y voyaient de la sorcellerie. La mode du tabagisme se répandit tout de même.


Impact du tabagisme sur la santé

Les premières observations de médecins sur les méfaits du tabac remontent au XVIIe siècle, mais ce n’est qu’au début du XIXe siècle que la nicotine est identifiée comme un composant du tabac. Il faudra attendre les années 1950 pour que les premières études épidémiologiques prouvent indiscutablement la toxicité du tabac. Aujourd’hui, des études de plus en plus nombreuses démontrent cette nocivité. Les experts affirment que si le tabac arrivait sur le marché aujourd’hui, il ne serait pas autorisé à la vente en raison des dangers qu’il représente. Malgré cela, partout dans le monde, le tabagisme s’est développé et l’on parle désormais d’une épidémie tabagique.
Durant le XXe siècle, le tabac a causé 100 millions de morts dans le monde entier et ce nombre risque de s’élever à 1 milliard pour le XXIe siècle si rien ne change. En France, le tabagisme est la première cause de mortalité évitable, avec environ 66 000 décès chaque année.
En moyenne, un fumeur régulier sur deux meurt prématurément des causes de son tabagisme, et la moitié de ces décès se situent entre 35 et 69 ans.

Les complications commencent à apparaître 20 à 30 ans après le début du tabagisme. Les femmes sont actuellement moins touchées que les hommes car les femmes qui ont 70 ans aujourd’hui sont peu nombreuses à avoir fumé. En revanche, le nombre de décès féminins par cancer du poumon devrait augmenter dans les années à venir. En 2025, il devrait égaler le nombre de décès par cancer du sein.

Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel fumer n’expose pas à un risque accru de cancer du poumon.

La composition de la fumée du tabac

La fumée de cigarettes est un aérosol, un mélange de gaz et de particules qui contient 4000 substances, dont plus de 40 sont cancérigènes. Une cigarette contient du tabac, de la nicotine, des agents de saveur et de texture : c’est ce qu’on lit sur les paquets de cigarettes. Ce qu’on ne sait pas toujours, c’est qu’une fois allumée, la cigarette devient une véritable usine chimique. Sa combustion provoque la formation de très nombreuses substances toxiques, dont les goudrons, des gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d’azote, acide cyanhydrique, ammoniac) et des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome).

Les substances responsables des cancers

Un fumeur d’un paquet par jour inhale 250 ml de goudrons par an, soit l’équivalent de deux pots de yaourt. Les goudrons sont la principale substance responsable des cancers liés au tabagisme. Ils regroupent un très grand nombre de substances (notamment des hydrocarbures comme le benzène). Ils recouvrent les poumons d’une substance gluante brun-noir et ont aussi un effet nocif sur les tissus et les muqueuses.

Les effets de la nicotine

La nicotine est une substance psychoactive, c’est-à-dire qu’elle agit sur le cerveau. C’est elle qui entraîne la dépendance physique à la cigarette et qui procure plaisir, détente, stimulation intellectuelle, action anxiolytique, antidépressive et coupe-faim. Elle affecte également le système respiratoire et le système cardiovasculaire.

Cette substance est présente naturellement dans le tabac à des taux de concentration variables en fonction des parties de la plante. On la retrouve sous forme de particules en suspension dans la fumée.

Les cigarettes légères

La composition de la fumée des cigarettes dites « légères », light ou milds est presque identique à celle des cigarettes classiques. L’effet light repose essentiellement sur la présence de petits trous au niveau du filtre, qui permettent de diluer la fumée. Ces termes sont donc trompeurs et les fabricants de cigarettes n’ont plus le droit de les utiliser en France.

Le monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone est un gaz toxique formé lors de la combustion de la cigarette. Il a la propriété de se fixer sur l’hémoglobine du globule rouge à la place de l’oxygène. Il en résulte un moindre taux d’oxygène dans le sang et les organes. Par manque d’oxygène, ceux-ci ne peuvent travailler efficacement. Pour contrer cet effet, la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent, ce qui accroît les risques d’accident cardiaque et vasculaire

La cigarette est irritante

Les substances irritantes, très diverses, se révèlent lors de la combustion de la cigarette. Il s’agit, entre autres, de l’acétone, des phénols et de l’acide cyanhydrique. Ces substances attaquent les muqueuses respiratoires, modifient le tapis muco-ciliaire des bronches et petites bronchioles, et altèrent la protection des parois alvéolaires. Elles affectent donc la capacité de respiration. Combinées aux goudrons, elles favorisent l’inflammation des bronches et la toux.
Les industriels ajoutent de nombreuses substances au tabac, selon des recettes qu’ils gardent le plus souvent secrètes. Différents arômes comme la vanille sont utilisés pour plaire aux jeunes et aux fumeurs débutants. Le cacao servirait à dilater les voies respiratoires pour offrir à la fumée un accès plus facile aux poumons. Le génol et le menthol ont des vertus adoucissantes sur les voies respiratoires et masquent l’effet irritant de la fumée.

Les cigarettes roulées

Le tabac à rouler est plus nocif que les cigarettes vendues en paquet : leur rendement en nicotine et en goudrons est trois à six fois plus élevé, sans compter que les cigarettes roulées ne contiennent  généralement pas de filtre.


Les risques du tabagisme

Les risques que courent les fumeurs de voir se détériorer leur santé, leur qualité de vie et leur bien-être ont été démontrés depuis longtemps. On estime que 66 000 personnes meurent chaque année du tabagisme en France.

Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel fumer ne représente pas de risque.

Cancers et tabagisme

Un cancer sur trois est dû au tabagisme. Le plus connu est le cancer du poumon, dont 90 % des cas sont liés au tabagisme actif et 5 % au tabagisme passif (dans le cas d’une exposition régulière à la fumée d’une autre personne). Mais d’autres cancers sont également causés par le tabac : gorge, bouche, lèvres, pancréas, reins, vessie. Le cancer de l’œsophage est plus fréquent en cas d’association du tabac et de l’alcool. Certaines études trouvent aussi un lien entre tabac et cancer de l’utérus.

Risques de maladies cardiovasculaires

Le tabagisme est un des principaux facteurs de risque d’infarctus du myocarde. Les accidents vasculaires cérébraux, l’artérite des membres inférieurs, les anévrismes, l’hypertension artérielle sont également liés, en partie, à la fumée de tabac. L’atteinte vasculaire peut aussi provoquer des troubles de l’érection.

Maladies respiratoires

La bronchite chronique est essentiellement due au tabagisme. Cette maladie évolue vers l’insuffisance respiratoire si l’usage du tabac n’est pas stoppé. L’emphysème (dilatation excessive et permanente des alvéoles pulmonaires, avec rupture de leurs cloisons) est aussi une maladie souvent liée au tabagisme.

Tabac et grossesse

Fumer durant la grossesse comporte de multiples risques pour la grossesse elle-même et pour le développement du fœtus. Le risque le plus connu est un développement insuffisant du fœtus principalement causé par le passage de monoxyde de carbone (CO) dans son sang, où il prend la place de l’oxygène. Pour le bébé, il en résulte une prise de poids insuffisante de l’ordre de 300 grammes à la naissance. Ce faible poids peut entraîner de gros problèmes lorsque le bébé naît prématurément. Le problème est le même si la femme enceinte est soumise au tabagisme passif.

Asthme

 Le tabagisme n’est pas le responsable de l’asthme, mais il en augmente l’intensité, la durée et la fréquence des crises. Il en va de même pour le tabagisme passif.
Infections ORL

Les infections nez-gorge-oreilles sont plus fréquentes chez les fumeurs actifs, et même chez les enfants soumis au tabagisme passif. Des études montrent en effet que les otites récidivantes sont deux fois plus fréquentes chez ces enfants.

 

Le tabagisme passif

Le tabagisme passif consiste à inhaler, de manière involontaire la fumée dégagée par un ou plusieurs fumeurs.

La fumée de tabac contient plus de 4000 substances chimiques parmi lesquelles la nicotine, des irritants, des produits toxiques (monoxyde de carbone…) et plus de 50 cancérogènes (substances qui peuvent provoquer ou favoriser l’apparition de cancer). La fumée est extrêmement nocive pour le fumeur mais elle l’est également pour le non-fumeur.

Le fumeur passif respire la fumée répandue dans l’atmosphère. Cette fumée provient du courant qui s’échappe directement d’une cigarette, d’une pipe ou d’un cigare. Or le courant secondaire de cigarette est plus toxique que la fumée inhalée directement par le fumeur.

Selon l’Académie de Médecine, la fumée de tabac constitue « la source la plus dangereuse de pollution de l’air domestique, en raison de sa concentration élevée en produits toxiques mais aussi parce que l’on y est exposé à tout âge et pendant des périodes beaucoup plus longues que celles où l’on subit une pollution atmosphérique extérieure ».

Les risques du tabagisme passif

Au-delà de la gêne occasionnée, le tabagisme passif aggrave des pathologies existantes et en créé de nouvelles. Les risques demeurent certes moins importants que chez le fumeur actif, mais les conséquences pour la santé sont réelles. Ces risques augmentent avec la durée et l’intensité de l’exposition. En France, on estime même que quelques milliers de non-fumeurs meurent prématurément chaque année de maladies provoquées par le tabagisme passif.

Effets sur le fœtus

En cas de tabagisme actif de la femme enceinte :

    Augmentation du risque de fausse couche, de grossesse extra-utérine et d’accouchement prématuré
    Retard sur le développement du fœtus
    Plus petit poids du bébé à la naissance

En cas de tabagisme passif subi par la femme enceinte :

Le tabagisme passif subi par les femmes enceintes non-fumeuses dont le conjoint fume a un effet mesurable sur l’enfant, bien que moins important.

Effets sur le jeune enfant

Fumer en présence d’un enfant entraîne :

- Une irritation des yeux, du nez et de la gorge
- Une fréquence accrue des rhinopharyngites et des otites.
- Un plus grand risque de crises d’asthme et d’infections respiratoires telles que la pneumonie et la bronchite
- Une faible mais significative diminution du développement du poumon
- Une augmentation des risques de mort subite chez le nourrisson

Effets sur l’adulte

Cancer des sinus de la face : le tabagisme passif fait plus que doubler ce risque
Accidents vasculaires cérébraux : le tabagisme passif altère les parois des artères et double le risque d’accident vasculaire cérébral.
Cancer du poumon : le risque de développer un cancer du poumon chez un non-fumeur est augmenté de 25% si son conjoint fume
Accidents cardiaques : l’exposition à la fumée de cigarette augmente de 50% le risque d’avoir une crise cardiaque.

La dépendance au tabac

La cigarette est une source de nombreux plaisirs et les fumeurs peuvent en devenir dépendants. Il existe en effet trois types de dépendance au tabac :

La dépendance environnementale ou comportementale

Elle dépend de la pression sociale et conviviale. Le tabac est en effet associé à des circonstances, à des personnes et à des lieux qui suscitent l'envie de fumer. Quand on envisage d’arrêter de fumer, il est donc important de réfléchir à ce que l’on pourrait faire dans ces circonstances pour pallier l'envie de fumer ou éviter ces situations au moins au début. Cette préparation est essentielle pour apprendre à vivre dans son environnement habituel sans avoir recours au tabac.

La dépendance psychologique

Quand on est fumeur, la cigarette est un moyen de se faire plaisir, de gérer son stress ou son anxiété, de surmonter ses émotions, de se stimuler, de se concentrer, etc. Cette dépendance est liée aux effets psychoactifs de la nicotine qui procure plaisir, détente, stimulation intellectuelle, action anxiolytique, antidépressive et coupe-faim. Cette dépendance peut apparaître peu de temps après les premières cigarettes fumées et varie considérablement d’un fumeur à l’autre.

La dépendance physique

Elle est due essentiellement à la présence de nicotine dans le tabac. Elle survient après plusieurs années de tabagisme, seulement chez certains fumeurs. Elle se traduit par une sensation de manque. Les substituts nicotiniques peuvent être utiles pour la surmonter : ils fournissent au corps une quantité de nicotine suffisante pour combler le besoin de tabac. Avec une dose adaptée à son tabagisme, le fumeur ne souffre plus de manque et la dépendance physique disparaît progressivement. Les gommes à mâcher, les comprimés à faire fondre sous la langue, les inhaleurs ou les timbres à la nicotine sont vendus en pharmacie sans prescription médicale.

 

*Source : tabac-info-service.fr